Wednesday, September 7, 2011

the director of Science Po speaking about affirmative action



Reflecting on Science Po's experience with affirmative action...of note:
  • the numbers of students coming from the working class tripled under this program AND
  • they did as well as their compatriots (a telling sign that their under-representation had more to do with staid class structure than ability) 
Moreover, their experience and success at Science Po had lasting impacts on their lives after they left the school where employers seemed to view them no differently than their fellow graduates.  This outcome clearly flies in the face of those who argue that affirmative action programs actually hurt minority groups because of the stigma attached to affirmative action.  My own response to this contention has always been that there must a concerted effort by self-interested parties to construct the idea that these programs do a disservice to minority groups before such a view becomes widely held; given this and the relatively early years of the program at Science Po, I worry that those arguments may be coming, that they are absent now only because there hasn't been enough time for its affirmative action critics to effectively mobilize and disseminate this view.

Sciences Po Paris, la démocratisation à pas comptés

Richard Descoings, directeur de Sciences Po
Les fils d'ouvriers et d'employés n'ont pas déferlé sur Sciences Po depuis dix ans. Ils ont tout juste réussi à se faire une meilleure place ! Tel est le bilan, en demi-teinte, des conventions éducation prioritaire(CEP), cette voie alternative de recrutement dans des lycées de zones défavorisées, lancées en grande pompe en 2001. Si 860 étudiants, issus de 85 lycées à travers le territoire français (Dom-tom compris), ont eu la chance de rejoindre la Rue Saint-Guillaume, le bilan est tout de même plus contrasté, car la sociologie étudiante de Sciences Po n'a pas été modifiée radicalement depuis dix ans.Environ 130 étudiants entrent désormais chaque année à Sciences Po grâce au CEP, soit environ environ 10% des effectifs de première année (qui culmine désormais entre 1300 et 1500 étudiants). Cela a permis en partie de faire venir un nouveau public, avec de nombreux binationaux ou des enfants dont les parents sont nés à l'étranger. Mieux, l'établissement constate dans une étude réalisée par lesociologue Vincent Tiberj (de Sciences Po) que ces élèves réussissent aussi bien que leurs camarades entrés par la voie classique. Mieux, ils réussissent mieux leur insertion professionnelle. "A la sortie de l'école, ces étudiants sont considérés par les entreprises exactement comme les autres diplômés. Ce n'était pas gagné d'avance", salue Richard Descoings, le directeur de Sciences.
La part de enfants d'ouvriers triple de 1,5 à 4,5 %
Dans le même temps, l'établissement a vu croître le nombre d'étudiants boursiers de 6 % à 27 % des inscrits. Mais cette hausse est en partie factice : elle est consécutive à l'augmentation générale, dans le supérieur, du nombre d'étudiants boursiers à "échelon zéro" (un statut qui permet à un étudiant de classe moyenne d'être exempté des droits d'inscription). "Si l'on a vu effectivement augmenter ces boursiers à taux zéro, on remarque également une augmentation significative des boursiers à taux 5 et 6, les bourses promises aux étudiants les plus en difficultés [augmentée de 75 % par Sciences Po]. Et cela, grâce aux CEP", précise Richard Descoings.
En dix ans, le nombre d'élèves issus de familles défavorisées a bien augmenté, ce qui était l'un des objectifs des CEP. Mais leur part reste ultraminoritaire. Celle des enfants d'agriculteurs, d'ouvriers et d'employés a bien triplé depuis 1997, de 4,5% à 13% cette année, mais elle reste minime au regard de leur poids dans la population française. La part des professions intermédiaires progresse également de trois points. Mais celle des CSP +reste, elle, ultramajoritaire, aux alentours de 70%. Bref, Sciences Po n'a que marginalement renouvelé l'origine sociale de ses étudiants.
Encore du travail
Les CEP ont avant tout permis de préserver un peu de diversité sociale au sein de l'établissement. "Sans les CEP, la situation sociale de SciencesPo aurait été encore pire: par exemple, dans la cohorte 2009, la part des CSP +serait passée de 69,5% à 77%, et celle des CSP – aurait décru de 12,5 % à 7 %", relève Vincent Tiberj. "Pour une école de son niveau, SciencesPo est relativement ouvert socialement, mais les conventions éducation prioritaire ne permettent pas de combler l'écart avec l'université", complète le sociologue. La sociologie de l'IEP se rapproche toujours plutôt, aujourd'hui, de celle d'une classe préparatoire aux grandes écoles (15% d'enfants d'ouvriers et d'employés) que de celle de l'université (20%).C'est un premier pas, qui en appelle d'autres. Richard Descoings ne s'en cache d'ailleurs pas : "nous devons poursuivre notre travail".
Philippe Jacqué

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